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Minorisation linguistique et inégalités sociales

Date / Heure
Date(s) - 4 octobre 2017 - 7 octobre 2017
Toute la journée

Location
18 avenue Antonine-Maillet, Moncton Nouveau-Brunswick

Colloque international soulignant le 30e anniversaire du Centre de recherche en linguistique appliquée (CRLA) de l’Université de Moncton : MINORISATION LINGUISTIQUE ET INÉGALITÉS SOCIALES

Depuis sa création, en 1987, le Centre de recherche en linguistique appliquée (CRLA) de l’Université de Moncton privilégie la recherche en aménagement linguistique en milieu francophone minoritaire. La pertinence de cette orientation découle de réflexions qui ont amené les linguistes du CRLA à reconnaitre la nécessité d’approfondir les questions reliées à la problématique des inégalités et des discriminations linguistiques persistantes dans l’unique province officiellement bilingue du Canada, le Nouveau-Brunswick. Compte tenu de cette priorité, le CRLA a encouragé les projets de recherche qui visaient à donner un fondement scientifique à l’identification et au développement de stratégies d’intervention susceptibles de promouvoir une plus grande égalité pour la communauté francophone acadienne du Nouveau-Brunswick (voir notamment Phlipponneau, 1991 ; Boudreau et Dubois, 1996 ; Boudreau et al., 2002).

Pour souligner ses 30 ans, le CRLA propose d’explorer les modes de construction, les modalités de manifestation ainsi que les possibilités de contestation de la minorisation linguistique en lançant un appel à communication dans le cadre d’un colloque international qui aura lieu du 4 au 7 octobre 2017.

Le colloque vise à creuser la question de la minorisation linguistique, notion qui pourra être envisagée sous divers angles.

  • La minorisation linguistique pourra être appréhendée dans sa construction. Quels sont les liens entre minorisation et représentation, minorisation et catégorisation, minorisation et stigmatisation ? Comment minorisation, discriminations linguistiques et inégalités sociales s’articulent-elles (Blanchet, 2016) ?
  • La minorisation linguistique pourra aussi être examinée comme un rouage social. À quoi sert-elle, qui sert-elle et qui dessert-elle ? Quels en sont les enjeux ? (Klinkenberg, 2015)
  • On tentera également de saisir les conséquences de la minorisation linguistique, en particulier la discrimination linguistique, non seulement dans les dimensions matérielles et statutaires (restriction du champ des possibles) mais aussi dans les dimensions subjectives. Quelles sont les « séquelles » de la minorisation entre honte, auto-odi et silence ? (Boudreau, 2016)
  • La minorisation linguistique gagnera également à être croisée avec d’autres variables sociologiques discriminantes (intersectionnalité), en particulier avec les notions de genre, de classe, de race (Urbain, 2016 ; Woolard et Schieffelin, 1994). On s’intéressera notamment au cas de minoritaires vivant à l’intérieur d’une autre minorité : ainsi les migrants francophones en Acadie (Violette, 2010 ; Tending, 2014) ou ailleurs au Canada (Lamarre et Lamarre, 2009), les femmes en milieu minoritaire (LeBlanc, à paraitre), les travailleurs précaires (Duchêne, 2012). Dans quelle mesure les compétences linguistiques (la « qualité » de la langue) servent-elles d’alibi pour des formes de discrimination socialement non-acceptables (Cameron 1995) ?
  • On pourra s’arrêter aussi aux modalités de remédiation : comment travailler à la « déminorisation » ? (Boudreau, 2016).
  • On pourra par ailleurs regarder la mobilisation rhétorique du motif de la minorisation dans différents espaces discursifs : comment des représentants de groupes majoritaires, reprennant à leur compte l’argument et les ressorts rhétoriques de la minorisation, se disent minorisés et victimes de discriminations (LeBlanc, 2007) ? Comment d’autres acteurs sociaux, issus de la communauté minoritaire ou non, remettent en question la pertinence même des modèles et des concepts de la minorisation ?
  • De plus, en tant que chercheurs travaillant sur des minorités linguistiques, on pourra interroger en quoi nos descriptions visant souvent à souligner l’altérité de la parole minoritaire, nos discours de revendication de la diversité linguistique, couramment construits à partir de cadres de recherche décontextualisés, majoritaires (Arrighi et Boudreau, sous presse) peuvent servir in fine à redoubler la minorisation de nos « sujets ». Dans la mesure où bien des travaux de linguistes ont contribué à faire du marquage linguistique de l’identité une forme de performativité, d’agentivité, qu’en est-il du fait que les locuteurs ne choisissent pas nécessairement leur façon de parler (Hambye, 2016) ?
  • Toujours en lien avec le travail « scientifique » sur les situations minoritaires, on pourra encore se demander plus largement si l’on pourrait être plus ambitieux (voir notamment les réflexions de Hughes dès 1948 sur les a priori et les angles aveugles de la recherche sur les minorités).

Toutes ces questions pourront être saisies dans le cadre d’études empiriques, théoriques ou réflexives, à travers l’interrogation des terrains divers. Une telle confrontation entre le contexte acadien et les autres permettrait de problématiser les difficultés « d’ordre terminologique, définitoire et méthodologique » face à l’objet « minorité » ainsi que l’arrimage, parfois délicat, de celui-ci avec les notions de minoration, minorisation (Bothorel-Witz, 2005).

Les doctorant.e.s sont vivement encouragés à soumettre une proposition ; leurs communications seront intégrées dans le programme général. Ils pourraient aussi bénéficier d’un financement.

La langue du colloque est le français toutefois des propositions en anglais pourront être considérées.

 

Conférencières et conférencier invités :

Annette Boudreau, Université de Moncton (Acadie, Canada)

Philippe Hambye, Université catholique de Louvain (Belgique)

Patricia Lamarre, Université de Montréal (Québec, Canada)

 

Événements annexes

Lancement : Le colloque s’ouvrira le mercredi 4 en soirée par le lancement de l’ouvrage soulignant les 30 ans du CRLA : Le CRLA a 30 ans : témoignages, expériences et réalisations [titre provisoire].

Table ronde : Le colloque se clora le samedi 7 en matinée par la tenue d’une table ronde présentant des récits de minorisation linguistique et sociale : La minorisation linguistique : expériences vécues [titre provisoire].

Invités à confirmer.

Informations : crla@umoncton.ca

Inscriptions :

Frais de participation :

–          100 $ pour les professeures et professeurs

–          40 $ : pour les doctorantes et doctorants présentant une communication

–          Gratuit pour les étudiantes et étudiants ne présentant pas de communication

–          Participation libre au lancement et / ou à la table ronde.

S’ajouteront aux frais d’inscription une participation aux coûts du banquet (à déterminer).

 

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